3H58

Je n’avais jamais reçu une lettre si personnelle et au même temps si puissante par son contenu. Je comprends le chaos, tons chaos, le mien. Moi aussi j’ai des idées qui se mêlent et que ne servent à rien au moment de parler avec un minimum de cohérence. Avant de continuer je dois te remercier pour ouvrir la porte au dialogue, pour me donner la sensation de que je parle/écris à quelqu’un. Enfin je suis certain de que je serai lu par quelqu’un spécifique, ou peut-être je n’écris à personne encore. Es-tu toujours là ? La batterie faible de l’ordinateur m’oblige à me lever, je reviens… C’est bon, je suis connecté et froid. Sais-tu qu’il va neiger ? Regarde par ta fenêtre et confirme les prédictions de la météo. En fait c’est la seul des certitudes qu’on a pour le futur. A différence de l’horoscope, la météo a plus de certitude, et rare fois nous ment. D’ailleurs ce monde est un grand mensonge. Vois-tu le chaos ?

Je ne t’ai jamais demandé d’où tu viens, mais j’ai vu des autres gens le faire et tu réponds tout le temps que tu viens de… Est-ce que c’est là-bas dont y trouve vraiment Pluton ? Moi je viens des antipodes, un pays surréaliste qu’on appelle Mexique mais qui pourrait bien se trouver à côté de Pluton. Es-tu ma voisine ?

« Le moi » pour moi c’est moi et ma circonstance. «le moi » dans un moment et lieu temporaux. La vie est temporelle, et je n’y serai quand je meurs. Est-ce qu’on serait capable de présencier le dernier souffle de notre vie ? Pourrons nous voir ce qui se passerai quelques secondes après ? D’où vient ces idées, je ne les avais pas avant de te lire, ou si, mais elles n’allaient pas être exprimer sur le papier virtuel.

Le suicide est un sujet très présent dans ma vie, non parce que j’y pense à le faire, sinon qu’il reste comme l’impossible, et je le vois seulement à travers de mon imagination comme une possibilité face à la nausée que la vie peut provoquer aux gens. A moi-même. La vie a été un cadeau qu’on n’a pas demandé. On n’a pas eu le choix et voilà les années qui coulent depuis notre conception. La morte, mourir est aussi un cadeau, mais celui est amère, un cadeau qu’on refuse, qu’on n’accepte pas. Et pour les suicidaires le cadeau est fait par eux-mêmes. Nous pouvons dire qu’ils sont au moins le control, le choix de mourir dans un instant précis… à la fin on va tous mourir, et personne n’en fait rien pour condamner au plus grand assassin en série : le temps. Juste maintenant je me sens mourir, j’ai mal au dos, j’ai trop dormi aujourd’hui, je n’ai rien fait. La vie est déjà fragile, celui qui vient de naître peut déjà mourir. Si la vie est si fragile on ne peut pas se permettre d’imiter cette condition.

La vie a-t-elle besoin d’avoir un significat ? Nous avons déjà créé les vaccines contre le suicide : la religion, l’argent, la littérature… tu peux en réfléchir encore.

Moi je pense que j’écris toujours à moi-même. Je suis écrivain et lecteur au même temps. Je sais aussi qu’éventuellement je vais être lu par quelqu’un d’autre « Salut ! » et je me protège en écrivant dans ma langue maternelle. Je reviens aux ces lettres après des mois pour savoir si je suis toujours moi-même. Je soupire en lisant que je ne suis pas le même en français. Peut-être je dois le faire plus souvent, laisser d’être moi-même, devenir un autre, escribir en francés.

Je crains aussi d’être rejeter par les gens, je ne sais pas très bien écrire dans cette langue. Je ne vais être jamais lu avec plaisir, sinon avec une pitié condescendante : l’étranger qui essaye de se faire comprendre par les gens qu’il ne comprenne pas. Mais je vous observe, au moins vous n’êtes pas invisibles.

Je pense que pour la famille je deviens un souvenir. Je reste intact, car ils ne sont pas au courant de la vie et la métamorphose que j’expérimente tous les jours. Parfois je pense que je suis en train d’oublier ma propre existence avant France. Je suis quelqu’un avant FR et quelqu’un d’autre après FR. Est-ce que la vie sera-t-elle toujours ailleurs ?

Je corrige, je viens de m’apercevoir que j’ai fait quelque chose d’importante aujourd’hui : je viens de tomber malade. Quel talent !

Nous sommes toujours seuls, la solitude a été aussi un cadeau offert dès notre naissance : moi j’aime bien sa compagnie, mais il y existe des ingrats que la refuse. Quelle envie d’être seul à deux ! mais la solitude, comme la vie et la morte restent strictement personnelles, et les trois sont des femmes.

Je vois qu’avec cette lettre j’ai eu l’opportunité de voir à travers les murs dont une fille qui vient de Pluton est calmée par les lignes de la décoration de sa lampe vers 3h58. 

-Oui, je m’endors, il faut que j’aille au lit car je suis en train de rêver sans dormir.

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